{"id":2129,"date":"2019-11-06T17:30:27","date_gmt":"2019-11-06T16:30:27","guid":{"rendered":"https:\/\/chouftolosa.info\/?p=2129"},"modified":"2020-01-27T09:39:22","modified_gmt":"2020-01-27T08:39:22","slug":"banlieusards-franchement-pour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/2019\/11\/06\/banlieusards-franchement-pour\/","title":{"rendered":"\u00ab Banlieusards \u00bb : franchement pour !"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Le 12 octobre dernier, \u00ab Banlieusards \u00bb, le film de Kery James et Le\u00efla Sy \u00e9tait diffus\u00e9 sur Netflix. Une sortie attendue avec impatience tant par les fans du rappeur fran\u00e7ais que par toutes celles et ceux qui s&#8217;int\u00e9ressent aux repr\u00e9sentations des quartiers et de la banlieue au cin\u00e9ma. Au sein de la r\u00e9daction de Chouf Tolosa les avis sont partag\u00e9s. Ici, la critique enthousiaste de Sarah.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"567\" height=\"350\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Banlieusards-yes.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2137\" srcset=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Banlieusards-yes.png 567w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Banlieusards-yes-300x185.png 300w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><figcaption>&#8220;<em>Banlieusards&#8221; de Kery James? Un sc\u00e9nario tr\u00e8s bien ficel\u00e9&#8230;<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Ses fans le savent. Lorsqu&#8217;il prend la parole, ce n&#8217;est pas pour ne rien dire. Si Kery James \u00e9tait connu jusque l\u00e0 pour mette en forme le fond de sa pens\u00e9e \u00e0 travers le rap, il a voulu cette fois s&#8217;exprimer \u00e0 travers un film, son premier. Celui qui d\u00e9nonce le fait que <em>\u00ab&nbsp;l&#8217;on aime bien que la banlieue soit racont\u00e9e par des gens qui ne viennent pas de la banlieue&nbsp;\u00bb<\/em>, aura difficilement trouv\u00e9 les fonds n\u00e9cessaires pour nous pr\u00e9senter les banlieusards. Sorti ce 12 octobre sur Netflix, le film \u00ab&nbsp;Banlieusards&nbsp;\u00bb suscitait bien des attentes. Est-il donc \u00e0 la hauteur de celles-ci et du talent de son r\u00e9alisateur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Pourtant arriv\u00e9 finaliste du prix du sc\u00e9nario en 2016, et vainqueur du prix Beaumarchais, le projet de l&#8217;artiste a difficilement trouv\u00e9 du soutien, au point qu&#8217;il a faillit ne jamais voir le jour. Paradoxalement, alors qu&#8217;il ne se d\u00e9finit pas comme pro-am\u00e9ricain selon l&#8217;interview que l&#8217;auteur de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Y8J1OC9pGhg \">\u00ab&nbsp;PDM&nbsp;\u00bb<\/a> (un titre interpr\u00e9t\u00e9 en <em>featuring<\/em> avec Kalash Criminel et adress\u00e9 au pr\u00e9sident am\u00e9ricain), a accord\u00e9 \u00e0 <em>HipHopCorner<\/em> le 2 avril dernier, c&#8217;est la plateforme am\u00e9ricaine Netflix qui s&#8217;est engag\u00e9e dans ce projet d\u00e9laiss\u00e9 par les financeurs fran\u00e7ais. Et ce qui aurait pu \u00eatre regrettable est finalement appr\u00e9ciable&nbsp;: les moyens de la plateforme permettent une r\u00e9alisation et une esth\u00e9tique qui sont \u00e0 la hauteur de la qualit\u00e9 sc\u00e9naristique.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Un r\u00e9alisme \u00e9quilibr\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">En effet, que ce soit sur la forme ou sur le fond, rien n&#8217;est assombri et rien n&#8217;est \u00e9clairci. Un r\u00e9alisme \u00e9quilibr\u00e9, tenu entre victimisation et \u00e9mancipation, entre solidarit\u00e9 et division, entre violence et humour, ente bons et mauvais choix. Les probl\u00e8mes connus pour certains et m\u00e9connus pour d&#8217;autres sont abord\u00e9s avec un sens de la justice et de la justesse. Par exemple, l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation est \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 double sens dans le film, d\u00e9pendant de chacun mais fragilis\u00e9 par le manque de moyen. Le manque de b\u00e9n\u00e9voles pour les soutiens scolaires en est le symbole et fait \u00e9cho, notamment, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 toulousaine dans le quartier des Izards. La responsabilit\u00e9 de l&#8217;Etat dans la situation actuelle des banlieues en France est \u00e9voqu\u00e9e, d\u00e9battue et argument\u00e9e \u00e0 travers un concours d&#8217;\u00e9loquence men\u00e9 par l&#8217;avocat Bertrand P\u00e9rier, d\u00e9j\u00e0 aper\u00e7u aupr\u00e8s de Kery James, dans le documentaire \u00ab&nbsp;A voix haute&nbsp;: La force de la parole\u00bb cor\u00e9alis\u00e9 par Ladj Ly, pr\u00e9sentant des jeunes de Seine Saint-Denis.<\/p>\n\n\n\n<figure><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/KfMZKVfODP8\" allowfullscreen=\"\" width=\"560\" height=\"315\"><\/iframe><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">L&#8217;avocat n&#8217;est pas la seule personnalit\u00e9 pr\u00e9sente dans le casting. Mathieu Kassovitz y fait une br\u00e8ve apparition. Ainsi que Amal Bentounsi, dont le fr\u00e8re a \u00e9t\u00e9 abattu par la police d&#8217;une balle dans le dos, qui y fait un passage silencieux. Le jeu d&#8217;acteur, quant \u00e0 lui, est de grande qualit\u00e9, d\u00e9voilant un Kery James impulsif, assur\u00e9 et \u00e9mouvant. Les r\u00f4les de Soulaymaan, Noumouk\u00e9 et Samir, sont jou\u00e9s respectivement par Jammeh Diangana, Bakary Diombera et Dali Benssalah, des visages qui m&#8217;\u00e9taient jusque l\u00e0 inconnus mais dont la prestation talentueuse m&#8217;aura marqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Des ressemblances avec &#8220;Divines&#8221;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Le sc\u00e9nario est extr\u00eamement bien ficel\u00e9, contenant des\nhistoires entrem\u00eal\u00e9es, et interdisant le \u00ab&nbsp;ventre mou&nbsp;\u00bb redout\u00e9 lors\nd&#8217;un film. J&#8217;y trouve certaines\nressemblances avec le film \u00ab&nbsp;Divines&nbsp;\u00bb de Houda Benyamina, encens\u00e9\npar la critique. Les sujets profonds que Kery James nous a habitu\u00e9 \u00e0 aborder,\nsont soulev\u00e9s par des arguments solides. Par exemple lors d&#8217;une sc\u00e8ne, dans un\nbus, il nous montre comment au sein des quartiers, l&#8217;incivilit\u00e9 des uns g\u00eane\nl&#8217;int\u00e9grit\u00e9 des autres. Les rivalit\u00e9s et les r\u00e8glements de compte, qui\nsymbolisent la division, sont mis en parall\u00e8le avec la pers\u00e9v\u00e9rance et la\nvolont\u00e9. Kery James nous fait comprendre que le crime ne paie pas et que le\nsavoir est une arme. En clair, le rappeur confirm\u00e9, nouveau-venu dans le cin\u00e9ma et dont l&#8217;\u00e9clectisme s\u2019av\u00e8re f\u00e9cond\nnous d\u00e9montre pourquoi et comment on n&#8217;est pas \u00ab&nbsp;condamn\u00e9s \u00e0\nl&#8217;\u00e9chec&nbsp;\u00bb. En seulement une heure trente, l&#8217;auteur de \u00ab&nbsp;Banlieusards&nbsp;\u00bb\naborde avec brio un \u00e9ventail de probl\u00e9matiques sociales merveilleusement\norchestr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Avec la sortie du titre <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=fhrfihvpSAU\">\u00ab&nbsp;Tuer un homme&nbsp;<\/a>\u00bb en <em>featuring<\/em> avec Lacrim, faisant \u00e9cho \u00e0 son film, et avec l&#8217;ambition, sur du long terme, d&#8217;\u00e9crire un film autobiographique, Kery James fait, selon moi, parti des rares artistes complets \u00e0 r\u00e9ussir ce qu&#8217;ils entreprennent.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>Lire \u00e9galement sur Chouf Tolosa: <a href=\"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/2019\/11\/06\/banlieusards-pas-trop-pour-mais-bon\/\">\u00ab&nbsp;Banlieusards&nbsp;: pas trop pour, mais bon\u2026&nbsp;\u00bb<\/a>, la critique de Soumeya K. et Edgar Figaro et <a href=\"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/2019\/11\/06\/a-vif-sous-plusieurs-focales\/\">\u00ab&nbsp;A vif sous plusieurs focales&nbsp;\u00bb<\/a>, \u00e0 propos de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de Kery James.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 12 octobre dernier, \u00ab Banlieusards \u00bb, le film de Kery James et Le\u00efla&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":2140,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7,8],"tags":[],"coauthors":[53],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2129"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2129"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2364,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2129\/revisions\/2364"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2140"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2129"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=2129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}