{"id":2237,"date":"2019-11-25T16:30:00","date_gmt":"2019-11-25T15:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/chouftolosa.info\/?p=2237"},"modified":"2023-11-06T14:41:12","modified_gmt":"2023-11-06T13:41:12","slug":"journee-contre-les-violences-sexistes-a-celles-quon-noublie-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/2019\/11\/25\/journee-contre-les-violences-sexistes-a-celles-quon-noublie-pas\/","title":{"rendered":"Journ\u00e9e contre les violences sexistes : \u00e0 celles qu&#8217;on n&#8217;oublie pas"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Chaque ann\u00e9e, \u00e0 Toulouse, pour le 25 novembre, ont lieu des manifestations contre les violences sexistes et de genre. Chaque ann\u00e9e, je me demande : dans les chiffres qui recensent le nombre de participantes et de participants, comment est-ce qu&#8217;on compte celles qui ne comptent pas ? <\/strong> <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2242\" srcset=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-300x169.jpg 300w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-768x432.jpg 768w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-2048x1152.jpg 2048w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-1170x658.jpg 1170w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-1920x1080.jpg 1920w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Chibania-Empalot-585x329.jpg 585w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption><em>Quartier d&#8217;Empalot, 2019, portrait graff\u00e9 d&#8217;une chibania (\u00a9 Meryem-Bahia)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong>C<\/strong>elles qui ne brandissent pas de pancartes mais qui, sans savoir \u00e9crire, ont g\u00e9r\u00e9 des ann\u00e9es de vie dans le pays des papiers et de l&#8217;administration. Celles dont les livres ne parlent pas et qui, chaque matin, nettoient les salles de classe, les couloirs, les m\u00e9tro et les halls d&#8217;immeubles qui permettent aux autres d&#8217;aller les \u00e9tudier. Celles qu&#8217;on distingue \u00e0 la marge, qu&#8217;on prend de haut ou de loin, qu&#8217;on suppose \u00e9trang\u00e8res aux luttes f\u00e9ministes, \u00e9trang\u00e8res tout court puisque pour \u00eatre f\u00e9ministe, il suffirait de savoir \u00e9peler ce mot. Celles qu&#8217;on oublie, qu&#8217;on \u00e9loigne, qu&#8217;on ignore, alors m\u00eame qu&#8217;elles incarnent au quotidien la force, le courage et la r\u00e9silience de toute lutte contre les syst\u00e8mes de domination. Comment est-ce qu&#8217;on compte celles qui ne comptent pas ?  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Celles qui, loin de l&#8217;oeil m\u00e9diatique, m\u00e8nent des gr\u00e8ves et gagnent des combats face aux h\u00f4tels qui les exploitent. Celles qui luttent encore, les femmes de chambre, \u00e0 Marseille et ailleurs. Celles qu&#8217;on assassine en silence, qu&#8217;on d\u00e9couvre sans \u00e9mois, parce qu&#8217;elles travaillent avec leur corps comme outil. Celles qui habitent en banlieue et font des kilom\u00e8tres pour aller \u00e9tudier. Celles qui en plus d&#8217;\u00e9tudier, aident les petits fr\u00e8res et les petites soeurs \u00e0 le faire. Celles qu&#8217;ont les mains qui marquent, qui rassurent, rugueuses, \u00e0 la peau \u00e9paisse et qui sentent l&#8217;huile d&#8217;olive jusque dans les plis des phalanges.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Celles qui se sont lev\u00e9es le matin pour faire Empalot &#8211; Quint Fonsegrives \u00e0 pieds pour quelques heures de m\u00e9nage. Celles qui ont eu trois emplois en m\u00eame temps pour pouvoir faire grandir leurs sept enfants. Celles qu&#8217;ont gard\u00e9 la t\u00eate haute quand le bus n&#8217;a pas voulu ouvrir ses portes pour les laisser monter, parce qu&#8217;elles portent le voile. Celles qui sont all\u00e9es porter plainte face \u00e0 des policiers m\u00e9prisant, celles qui sont all\u00e9es jusqu&#8217;au proc\u00e8s et qui n&#8217;ont rien l\u00e2ch\u00e9. Celles qui se sont faites violent\u00e9es lors des perquisitions de leurs fr\u00e8res. Et celles qui font six heures de route par semaine pour trois quart d&#8217;heure de parloir avec leur fils, leur fr\u00e8re, leur mari. Celles qui ne sont pas dans les cort\u00e8ges parce qu&#8217;elles sont encore en train de d\u00e9foncer, silencieusement, les portes du patriarcat \u00e0 coup de r\u00e9sistance. Et celles qui m\u00eame absentes, font la force de tout ce mouvement. A nos grands-m\u00e8res, \u00e0 nos m\u00e8res, \u00e0 nos soeurs. Les gardiennes de nos histoires et de nos quartiers.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Cette ann\u00e9e, j&#8217;ai vu \u00e0 Toulouse des affiches placard\u00e9es aux murs, des tags, des pochoirs, rappelant les pr\u00e9noms et \u00e2ges des personnes victimes de f\u00e9minicides. Et je me demande : comment est-ce qu&#8217;on compte celles qui ne compte pas ?  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Celles qu&#8217;on ne nomme pas dans les faits divers quand on daigne en parler, qui se font agresser, frapper, poignarder dans la rue en raison de leur voile. Celles qui se font harceler parce qu&#8217;elles portent le voile. Harceler par les gens, harceler dans la rue, harceler \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, harceler dans les institutions, harceler par les lois, harceler par le soi-disant Droit.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Celles sur qui on crache, qu&#8217;on insulte, qu&#8217;on refuse de servir, qu&#8217;on regarde avec m\u00e9pris quand on les regarde. Celles qui se font \u00e9vincer des espaces publics pour la simple raison d&#8217;exister comme elles ont choisit de le faire. Celles qu&#8217;on instrumentalise et qu&#8217;on rabaisse \u00e0 chaque vacance de d\u00e9bat politique. Celles qu&#8217;on humilie devant leurs enfants &#8230; Laissez-nous leur dire que nous, nous sommes des enfants fi\u00e8r.e.s !<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Parce qu&#8217;elles, nos soeurs qui portent le voile, sont les dignes h\u00e9riti\u00e8res de nos arri\u00e8res grands-m\u00e8res, de nos grands-m\u00e8res et de nos m\u00e8res. Les dignes h\u00e9riti\u00e8res de notre histoire f\u00e9ministe, ce f\u00e9minisme qui existe partout, sauf dans les livres. Les dignes h\u00e9riti\u00e8res de nos luttes, et avec elles, on lutte. Car la lutte contre l&#8217;islamophobie est intrins\u00e8quement f\u00e9ministe. Alors, comment est-ce qu&#8217;on compte celles qui ne comptent pas ?  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">En rappelant que pour nous, les enfants de l&#8217;immigration et des quartiers populaires, elles comptent. Et que sans elles, ce sont toutes les marches contre les violences sexistes qui ne comptent pas. A nos grands-m\u00e8res  qu&#8217;ont gard\u00e9 la m\u00e9moire de nos histoires et de nos luttes dans les marques de leurs mains us\u00e9es. A nos mamans qui tiennent nos tours, nos barres et nos coursives. A nos soeurs qui portent le voile et la force de dix mille personnes. A toutes celles qui nous ont appris \u00e0 nous battre, qui font qu&#8217;on se bat, qui font qu&#8217;on ne l\u00e2che rien. A toutes celles qui n&#8217;ont jamais rien l\u00e2ch\u00e9. Et pour qui, moi, je suis all\u00e9e marcher samedi.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque ann\u00e9e, \u00e0 Toulouse, pour le 25 novembre, ont lieu des manifestations contre les&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2242,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[8,9],"tags":[],"coauthors":[46],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2237"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2237"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2237\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3699,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2237\/revisions\/3699"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2242"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2237"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2237"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2237"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=2237"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}