{"id":2388,"date":"2020-02-11T09:00:00","date_gmt":"2020-02-11T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/chouftolosa.info\/?p=2388"},"modified":"2020-02-18T18:58:37","modified_gmt":"2020-02-18T17:58:37","slug":"aouda-azzemou-ou-lecriture-comme-epopee-therapeutique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/2020\/02\/11\/aouda-azzemou-ou-lecriture-comme-epopee-therapeutique\/","title":{"rendered":"Aouda Azzemou, ou l\u2019\u00e9criture comme \u00e9pop\u00e9e th\u00e9rapeutique"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Entre Oran, Toulouse et Montr\u00e9al, Aouda Azzemou, a v\u00e9cu 1000 vies et explor\u00e9 des horizons vari\u00e9s. Portrait de cette alg\u00e9rienne septuag\u00e9naire, <em>self-made woman<\/em> passionn\u00e9e d\u2019\u00e9criture, qui refuse de laisser les \u00e9preuves endur\u00e9es la d\u00e9finir. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"804\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-portrait-804x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2395\" srcset=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-portrait-804x1024.png 804w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-portrait-236x300.png 236w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-portrait-768x978.png 768w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-portrait-585x745.png 585w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-portrait.png 960w\" sizes=\"(max-width: 804px) 100vw, 804px\" \/><figcaption><em>Aouda Azzemou lors de son entretien avec l&#8217;association Parle avec Elles en 2018 dans le cadre de leur \u00e9mission Radio Basta diffus\u00e9e sur Campus FM (capture d&#8217;\u00e9cran sur <a href=\"https:\/\/parleavecelles.wordpress.com\/\">le site de l&#8217;association<\/a> )<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">12h30, Mercredi 23 octobre 2019. L\u2019\u00e9quipe de l\u2019association Parle Avec Elles, qui accompagne les femmes du quartier Reynerie au quotidien, \u00e9change autour de tupperwares fra\u00eechement sortis du micro-onde. Aouda vient cet apr\u00e8s-midi assister \u00e0 l\u2019atelier \u00ab&nbsp;Tableaux de Sable&nbsp;\u00bb anim\u00e9 par son amie Khadija dans les locaux de l\u2019association. <em>\u00ab&nbsp;Elle est en retard, ce n\u2019est pas \u00e0 son habitude&nbsp;\u00bb,<\/em> commente cette derni\u00e8re. Mais quelques minutes plus tard, Aouda passe le seuil du local, soutenue par sa canne. Elle justifie son retard&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Tu m\u2019excuseras ma fille. Je suis malade. \u00c7a fait trois jours que je n\u2019ai rien mang\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/em> Habill\u00e9e sobrement, cheveux blonds ramen\u00e9s en arri\u00e8re, elle s\u2019assoit en silence puis refuse poliment une tisane&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;mon estomac ne garde rien&nbsp;\u00bb<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-book2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2398\" width=\"220\" height=\"289\"\/><figcaption><em>Le second livre de l&#8217;auteure alg\u00e9rienne<\/em> <em>est paru en 2016.<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Son calme imperturbable contraste avec les pages de ses ouvrages, noircies par les nombreuses p\u00e9rip\u00e9ties de sa vie. Une vie qu\u2019elle relate notamment dans son livre <em>Tais toi, tu es une fille <\/em>(1). Dans les premi\u00e8res pages, elle y parle en d\u00e9tails de sa s\u0153ur, Leila, <em>\u00ab&nbsp;comment elle attachait ses cheveux, sa silhouette, son visage&#8230;&nbsp;\u00bb<\/em> Aouda avait deux ans quand elle est morte. <em>\u00ab&nbsp;Ma psychologue m\u2019a sugg\u00e9r\u00e9 de prendre une feuille et d\u2019\u00e9crire. D\u00e8s que j\u2019ai commenc\u00e9, des choses lointaines sont ressorties. Elle m\u2019a alors expliqu\u00e9 que j\u2019avais commenc\u00e9 par la mort de ma s\u0153ur car c\u2019\u00e9tait le premier \u00e9pisode violent que j\u2019avais v\u00e9cu.&nbsp;\u00bb<\/em> <em>Tais toi, tu es une fille<\/em> suit en effet le courant des pens\u00e9es de son auteure. Le style est d\u00e9cousu. Aucun titre aux chapitres, pas d\u2019intrigue pr\u00e9cise. On voyage, d\u2019un souvenir \u00e0 un autre, sans cap annonc\u00e9 au pr\u00e9alable. Le besoin visc\u00e9ral de cracher des traumatismes sur papier se fait ressentir. <em>\u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9criture, pour moi, c\u2019est une th\u00e9rapie&nbsp;\u00bb,<\/em> r\u00e9sume Aouda.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Son attrait pour l\u2019\u00e9criture lui est venu d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge. Petite, elle \u00e9crivait de la po\u00e9sie. Elle&nbsp; raconte une enfance <em>\u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb<\/em>. Et se souvient de ses visites hebdomadaires au hammam, une coutume. L\u00e0, elle tendait l\u2019oreille pour \u00e9couter les comm\u00e9rages des femmes du voisinage. Elle d\u00e9crit un p\u00e8re <em>\u00ab&nbsp;tr\u00e8s large d\u2019esprit&nbsp;\u00bb<\/em> qui laissait sortir ses filles et souhaitait qu\u2019elles aillent \u00e0 l\u2019\u00e9cole.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">N\u00e9e en 1944 \u00e0 Oran, Aouda a connu la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Elle se souvient encore vivement de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 <em>\u00ab&nbsp;l\u2019OAS abattait femmes, enfants et vieillards&nbsp;\u00bb<\/em>. Pourtant, son plus grand traumatisme reste son mariage. C\u2019est l\u00e0, \u00e0 21 ans, qu\u2019elle se rend compte de sa condition de Femme. <em>\u00ab&nbsp;Il m\u2019a dot\u00e9e et d\u00e8s lors, je lui appartenais. Il a exig\u00e9 que je quitte mon travail. J\u2019\u00e9tais clo\u00eetr\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/em> Aouda retrouve une forme de libert\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 sa passion pour l\u2019\u00e9criture. Elle tient un journal. Elle confie aujourd&#8217;hui en riant&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il l\u2019a lu avant de le d\u00e9chirer&nbsp;\u00bb<\/em>. A l&#8217;\u00e9poque, l\u2019une de ses seules activit\u00e9s autoris\u00e9es est la cuisine. <em>\u00ab&nbsp;Il ramenait tout le temps des invit\u00e9s. Je ne les rencontrais m\u00eame pas mais je devais cuisiner pour eux. Un soir, il est rentr\u00e9 \u00e0 minuit avec des amis. Il m\u2019a r\u00e9veill\u00e9 pour que je leur pr\u00e9pare un repas. Heureusement que j\u2019avais pris l\u2019habitude de congeler les restes&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em> <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-book1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2390\" width=\"250\" height=\"356\" srcset=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-book1.png 702w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-book1-210x300.png 210w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Aouda-Azzemou-book1-585x835.png 585w\" sizes=\"(max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><figcaption><em>Le premier ouvrage publi\u00e9 d&#8217;Aouda Azzemou.<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Aouda \u00e9crit alors toutes ses recettes dans un carnet, le seul vestige de sa vie pass\u00e9e qu\u2019elle a pu ramener en France en 2003. Les notes consign\u00e9es dans ce carnet lui inspireront en 2005 un livre sur la cuisine alg\u00e9rienne (2). <em>\u00ab&nbsp;J\u2019ai remarqu\u00e9 qu\u2019il existait des livres sur la cuisine marocaine, tunisienne mais rien sur l\u2019Alg\u00e9rie<\/em>, explique-t-elle. <em>Je me suis demand\u00e9, \u00ab&nbsp;pourquoi pas moi&nbsp;?&nbsp;\u00bb J\u2019ai contact\u00e9 des \u00e9diteurs alors que je n\u2019avais pas encore \u00e9crit une seule ligne. Je suis rentr\u00e9e en contact avec Marc Bradfer, \u00e9crivain toulousain et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des \u00c9ditions Loubati\u00e8res. Il \u00e9tait frileux. \u00ab&nbsp;<\/em>Vous savez, des livres de cuisine \u00e7a ne manque pas&nbsp;\u00bb,<em> m&#8217;a-t-il dit alors.<\/em> <em>Mais moi je voulais absolument un livre qui transmette les traditions culinaires alg\u00e9riennes. J\u2019ai donc \u00e9crit des anecdotes, sur la vie en Alg\u00e9rie, les occasions auxquelles on mange certains plats, etc., pour accompagner mes recettes&nbsp;\u00bb<\/em>. Finalement, Marc Bradfer s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 et a accept\u00e9 de publier, convaincu, selon Aouda, par une simple expression&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;un coeur fruit\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>. Elle en rit&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;C\u2019est comme \u00e7a que l\u2019aventure a commenc\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">L\u2019auteure se r\u00e9v\u00e8le mais la femme est pudique. Sa voix est douce. Son discours, ponctu\u00e9 de rires discrets. A demi mots, elle \u00e9voque le d\u00e9c\u00e8s de son fils, Zakaria en 1998. Un sourire masquant son \u00e9motion, elle souhaite changer de sujet. <em>\u00ab&nbsp;Tout est dans le livre&nbsp;\u00bb<\/em>, assure-t-elle. Avant, d\u2019elle m\u00eame, revenir sur le sujet&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Son p\u00e8re n\u2019est m\u00eame pas all\u00e9 voir o\u00f9 il est tomb\u00e9 (d\u00e9c\u00e9d\u00e9, ndlr). Il a envoy\u00e9 son ami pour apporter notre livret de famille. Il ne me l\u2019a m\u00eame pas dit. J\u2019ai appris la mort de mon fils bien plus tard. J\u2019ai alors dit \u00e0 mon mari qu&#8217;il aurait au moins pu me laisser lui dire adieu. Et l\u00e0 il m\u2019a r\u00e9pondu&nbsp;: <\/em>\u00ab&nbsp;Il est mort. A qui tu voulais dire au revoir?&nbsp;\u00bb&#8230;&nbsp;\u00bb La lumi\u00e8re n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 faite sur les circonstances de la mort de Zakaria, que son p\u00e8re avait mis dehors quatre ans plus t\u00f4t, et Aouda n\u2019a toujours pas fait son deuil. Le choc \u00e9motionnel lui a caus\u00e9 des crises. Elle a souffert d\u2019une angine de poitrine. En 2001, elle se s\u00e9pare de son mari qui la met \u00e0 la porte de sa propre maison. <em>\u00ab&nbsp;J\u2019avais construit cette maison avec l\u2019argent de mon p\u00e8re. Le terrain, je l\u2019avais achet\u00e9 avec mes bijoux.&nbsp;Mais malheureusement, les factures \u00e9taient \u00e0 son nom. Je lui faisais confiance.&nbsp;\u00bb<\/em> Malgr\u00e9 ces souffrances, Aouda a tourn\u00e9 la page et tout pardonn\u00e9 \u00e0 son ex-mari. Sauf le d\u00e9c\u00e8s de son fils.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">En novembre 2018, elle \u00e9tait longuement revenue sur son parcours de vie parfois douloureux dans un entretien avec l&#8217;association Parle avec Elles, pour leur \u00e9mission Radio Basta, diffus\u00e9e sur  Radio campus:<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/eVk8d-EAqCQ\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen=\"\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Apr\u00e8s sa s\u00e9paration, il y a seize ans, Aouda arrive en France et prend un nouveau d\u00e9part \u00e0 58 ans. <em>\u00ab Je devais aller au Canada mais Toulouse m\u2019a beaucoup plu.&nbsp;\u00bb<\/em> A mi-chemin entre son pays natal, sa terre d\u2019accueil et l\u2019appel de l\u2019outre-Atlantique, ses publications traduisent sa volont\u00e9 de promouvoir sa culture. Car, souvent, le pays lui manque. <em>\u00ab&nbsp;J\u2019y ai laiss\u00e9 des souvenirs. Chaque vendredi, j\u2019allais me recueillir sur les tombes des \u00eatres chers.&nbsp;\u00bb,<\/em> \u00e9voque-t-elle. Pourtant Aouda retourne rarement en Alg\u00e9rie. La derni\u00e8re fois, c\u2019\u00e9tait il y a dix ans. <em>\u00ab&nbsp;Je n\u2019ai pas reconnu Oran&nbsp;\u00bb<\/em>, avoue t-elle.<em>\u00ab&nbsp;Oran n\u2019est plus l\u2019Bahia (la radieuse).&nbsp;\u00bb<\/em>, r\u00e9sume cette conteuse ayant toujours une image pour illustrer ses propos.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">M\u00eame si elle va souvent au Canada rendre visite \u00e0 ses filles, Aouda ne veut pas quitter la France. Elle en plaisante avec Khadija&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Il ne faut pas croire, le climat est plus agressif ici. L\u00e0 bas, m\u00eame si vos larmes se transforment en gla\u00e7on, le froid est plus sec, donc plus doux&nbsp;\u00bb<\/em>. Khadija est l\u2019une de ses rares fr\u00e9quentations, sa <em>\u00ab&nbsp;confidente&nbsp;\u00bb<\/em>. En retour, Khadija voit en Aouda <em>\u00ab&nbsp;la gentillesse incarn\u00e9e, une nana tr\u00e8s intelligente&#8230; mais qui ne se d\u00e9fend pas&nbsp;! Si quelqu\u2019un lui fait du mal, elle va passer \u00e0 autre chose. Elle m\u00eame ne dira jamais du mal de quelqu\u2019un&nbsp;\u00bb<\/em>.  <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Voire. Car sa premi\u00e8re exp\u00e9rience d&#8217;\u00e9dition lui a appris \u00e0 ne pas se laisser faire. En 2005, son livre de cuisine est d\u2019abord \u00e9dit\u00e9 chez <em>Loubati\u00e8res<\/em>. Aouda se rappelle l\u2019avoir pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Fnac, devant un parterre de journalistes. <em>\u00ab&nbsp;Je suis de nature tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9e, mais bizarrement j\u2019ai pu assumer ce jour l\u00e0&nbsp;\u00bb,<\/em> r\u00e9v\u00e8le t-elle. Elle concocte le buffet elle m\u00eame, pour <em>\u00ab&nbsp;prouver que ce n&#8217;\u00e9tait pas des paroles en l\u2019air&nbsp;\u00bb,<\/em> ce livre. <em>\u00ab&nbsp;Tous les pieds-noirs de la ville \u00e9taient l\u00e0 et ils l&#8217;ont tous achet\u00e9&nbsp;!&nbsp;\u00bb, <\/em>se souvient Aouda en riant. A l&#8217;\u00e9poque, elle fait aussi l&#8217;objet d&#8217;un article dans <em>La D\u00e9p\u00eache<\/em>, dans la rubrique \u00ab&nbsp;Ils font la ville&nbsp;\u00bb.  Bref, tout allait pour le mieux avec sa maison d\u2019\u00e9dition jusqu\u2019\u00e0 ce que Mr Loubati\u00e8res prenne sa retraite. A partir del\u00e0, dit-elle, elle n\u2019est <em>\u00ab&nbsp;plus pay\u00e9e&nbsp;\u00bb<\/em>. Sur les conseils de l\u2019association Parle Avec Elles, Aouda  prend un avocat. Mais malgr\u00e9 la mise en demeure, la maison d\u2019\u00e9dition ne vient pas au rendez-vous. Son deuxi\u00e8me ouvrage est donc publi\u00e9 chez Edilivre en 2016 <em>\u00ab&nbsp;J\u2019ai vu une annonce sur internet&nbsp;: un seul clic et vous \u00eates publi\u00e9s. Forc\u00e9ment j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tent\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/em> Elle n\u2019en a m\u00eame pas re\u00e7u un exemplaire&#8230;<em>\u00ab&nbsp;D\u00e8s qu\u2019on me le demande, je l\u2019ach\u00e8te moi m\u00eame et je l\u2019offre.&nbsp;\u00bb <\/em>Le livre a fini par \u00eatre mis en t\u00e9l\u00e9chargement en ligne sans son consentement. Aouda ne touche rien dessus. Elle conseille \u00e0 d\u2019\u00e9ventuelles femmes qui souhaitent \u00eatre publi\u00e9es d\u2019\u00eatre vigilantes. <em>\u00ab&nbsp;On ne sait pas s\u2019ils sont fiables. C\u2019est tr\u00e8s facile de se faire arnaquer. Il ne faut pas \u00eatre na\u00efve comme je l\u2019ai \u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>. Aouda a laiss\u00e9 tomber la proc\u00e9dure judiciaire qu\u2019elle avait entam\u00e9e. A la recherche d\u2019un nouvel \u00e9diteur, elle dit avoir deux manuscrits <em>\u00ab&nbsp;dans le tiroir&nbsp;\u00bb<\/em>. Mais, avec un sourire en coin qui en dit long sur sa d\u00e9termination \u00e0 poursuivre son \u0153uvre malgr\u00e9 ces d\u00e9boires, la septuag\u00e9naire n\u2019en r\u00e9v\u00e8lera pas d\u2019avantage&#8230;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>(1): <em><strong>Tais toi, tu es une fille<\/strong><\/em><strong>,<\/strong> 2016, Edilivre. T1, 316 pages, 22,50 \u20ac . T2, 248 pages, 19 \u20ac.<\/p><p>(2): <em><strong>La cuisine d&#8217;Alg\u00e9rie<\/strong><\/em>, 2005, Editions Loubati\u00e8res.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre Oran, Toulouse et Montr\u00e9al, Aouda Azzemou, a v\u00e9cu 1000 vies et explor\u00e9 des&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":21,"featured_media":2401,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7],"tags":[],"coauthors":[58],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2388"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/21"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2388"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2388\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2400,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2388\/revisions\/2400"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2388"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2388"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2388"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=2388"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}