{"id":4273,"date":"2025-10-06T08:30:00","date_gmt":"2025-10-06T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/chouftolosa.info\/?p=4273"},"modified":"2025-10-07T12:40:07","modified_gmt":"2025-10-07T10:40:07","slug":"ce-prenom-qui-resonne-chez-beaucoup-dentre-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/2025\/10\/06\/ce-prenom-qui-resonne-chez-beaucoup-dentre-nous\/","title":{"rendered":"Ce \u00ab\u00a0Pr\u00e9nom\u00a0\u00bb qui r\u00e9sonne chez beaucoup d\u2019entre nous"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4276\" width=\"773\" height=\"515\" srcset=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-1170x780.jpg 1170w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-1920x1280.jpg 1920w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-585x390.jpg 585w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-1-263x175.jpg 263w\" sizes=\"(max-width: 773px) 100vw, 773px\" \/><figcaption><em>Maryem Dogui: <\/em>&#8220;J&#8217;avais envie de mieux comprendre mon histoire&#8221; <em>(photo&nbsp;: Laurence Lamann)<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>En pleine tourn\u00e9e de rentr\u00e9e de son spectacle \u00ab&nbsp;le Pr\u00e9nom&nbsp;\u00bb, la danseuse et chor\u00e9graphe Maryem Dogui qui se produisait \u00e0 Toulouse mardi 30 septembre a accord\u00e9 une interview \u00e0 Chouf Tolosa. A la t\u00eate de la compagnie La Colombe Enrag\u00e9e depuis plusieurs ann\u00e9es, l&#8217;artiste franco-alg\u00e9ro-ivoirienne, qui n&#8217;entend pas \u00eatre l\u00e0 pour remplir des cases et des quotas, est sensible \u00e0 la question du racisme et de l\u2019exposition des populations dites invisibles. Elle revient sur son parcours et sur ce qui l\u2019a men\u00e9 \u00e0 politiser son traitement artistique du sujet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><em><strong>Chouf Tolosa : <\/strong><\/em><strong>Maryem, pouvez-vous raconter votre enfance et votre parcours artistique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Maryem Dogui :<\/em><\/strong> J&#8217;ai grandi au Li\u00e9gat, une cit\u00e9 du centre-ville d&#8217;Ivry-sur-Seine dans le Val de Marne, banlieue sud de Paris. J&#8217;ai toujours dans\u00e9. La musique et la danse \u00e9taient&nbsp;pr\u00e9sentes dans mon environnement familial et dans mon quartier. Je me rappelle avoir pr\u00e9par\u00e9 des chor\u00e9s entre ami.e.s en bas de la maison, chez les copines ou dans la cour de r\u00e9cr\u00e9, mais aussi avoir beaucoup dans\u00e9 lors des f\u00eates de familles, ou m\u00eame toute seule dans ma mini chambre&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Vers mes quatre ans, ma m\u00e8re m&#8217;a inscrite \u00e0 un cours de danses traditionnelles d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest dans une association. J&#8217;ai poursuivi \u00e0 l&#8217;adolescence et \u00e7a m&#8217;a amen\u00e9 \u00e0 m&#8217;int\u00e9resser aux danses de la diaspora africaine dans le monde&nbsp;: le Gwoka, le B\u00e9l\u00e8, les danses yorubas, le palo mayombe, n\u00e9es au fil du cheminement de la d\u00e9portation des esclaves d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest. Je me suis beaucoup int\u00e9ress\u00e9e&nbsp;\u00e0 ce qu&#8217;ils ont sauvegard\u00e9 et transmis; la danse comme outil de survie et de pr\u00e9servation de ce qu&#8217;on veut faire dispara\u00eetre de nous. En m\u00eame temps, je faisais des danses dites &#8220;orientales&#8221; (Egyptiennes) et maghr\u00e9bines dans une asso.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>Comment cet int\u00e9r\u00eat s&#8217;est transform\u00e9 en pratique professionnelle&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. : <\/em><\/strong>Adulte, j&#8217;ai r\u00e9alis\u00e9 que toutes ces danses me parlaient et me faisaient&nbsp;du bien, s\u00fbrement dans une recherche personnelle de lien avec mes origines. J&#8217;ai aussi beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la transformation de ces danses dites traditionnelles lorsqu&#8217;elles sortent de leur contexte folklorique. Cela me paraissait logique de les laisser \u00e0 leur place et d\u2019apprendre des danses contemporaines, pour pouvoir faire de la cr\u00e9ation. J&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 me former \u00e0 Paris avant d&#8217;encha\u00eener par un an&nbsp;\u00e0 Cuba \u00e0 l&#8217;Instituto Superior de Arte \u00e0 la Havane. L\u00e0-bas,&nbsp; je me suis form\u00e9e en danses afro-descendantes (yoruba, palo&#8230;), en danses populaires cubaines et en danse moderne. J&#8217;ai poursuivi mon apprentissage en danse moderne au Centre James Carl\u00e8s \u00e0 Toulouse pendant 3 ans et en parall\u00e8le,&nbsp; j&#8217;ai assist\u00e9 Cl\u00e9ment Assemian, un professeur de danses traditionnelles d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest sur Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">A la suite de \u00e7a, j&#8217;ai mont\u00e9 ma compagnie et j&#8217;ai continu\u00e9 \u00e0 me former en Angleterre, en Espagne, et un peu plus tard dans la rue avec notamment la compagnie Ex Nihilo. J&#8217;ai dans\u00e9 avec des compagnies contemporaines comme celles de Max Diakok, Hamid Ben Mahi, Patrick Servius tout en gardant un pied dans les danses traditionnelles avec NaWal\u00e9&nbsp;(danses traditionnelles d&#8217;Afrique du Nord), Ara Brasil et la Compagnie Sandrine Plaa. Aujourd&#8217;hui je suis chor\u00e9graphe, danseuse et porteuse de projet de La Colombe enrag\u00e9e et je continue \u00e0 danser avec d&#8217;autres compagnies, comme interpr\u00e8te (Ateka Compagnie, Hylel).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>A quel moment et de quelle mani\u00e8re avez-vous \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 au racisme&nbsp; ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. :<\/em><\/strong> J&#8217;ai grandi dans un univers \u00e0 la fois tr\u00e8s prot\u00e9g\u00e9 et tr\u00e8s conscient du racisme. Chez nous, en quartier, c&#8217;\u00e9tait tr\u00e8s m\u00e9lang\u00e9, il y avait davantage de personnes racis\u00e9es que de personnes blanches. On connaissait les f\u00eates, les traditions de tout le monde. La norme c&#8217;\u00e9tait nous. Mais on savait que le racisme, c&#8217;\u00e9tait l&#8217;ext\u00e9rieur. J&#8217;ai grandi avec l&#8217;id\u00e9e que l\u2019on faisait&nbsp;peur aux autres&nbsp;; que pour nous, il fallait faire dix fois plus d\u2019efforts, qu&#8217;on allait gal\u00e9rer avec nos noms et pr\u00e9noms pour trouver un taf, un logement.&nbsp; Mon p\u00e8re et mes cousins se faisaient&nbsp;tout le temps arr\u00eater par la police.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Je pense que la premi\u00e8re agression raciste que j\u2019ai v\u00e9cue, c&#8217;\u00e9tait lors mes vacances en Normandie chez une amie de ma m\u00e8re. Je devais avoir 6-7 ans et il y avait cette ambiance g\u00e9n\u00e9rale avec des gens qui me regardaient tout le temps, qui parlaient \u00e0 ma m\u00e8re, qui peut para\u00eetre blanche, comme si je n\u2019existais pas ou qui lui demandaient o\u00f9 j&#8217;avais \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, si j&#8217;avais appris \u00e0 nager dans mon pays.&nbsp;Certains enfants refusaient de jouer avec moi, d&#8217;autres me traitaient de \u00ab&nbsp;sale noire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Adulte, lorsque je suis arriv\u00e9e \u00e0 Toulouse, l\u00e0, j&#8217;ai v\u00e9cu l&#8217;invisibilisation, le racisme ordinaire, l&#8217;exclusion insidieuse des espaces, la non repr\u00e9sentation, le fait d&#8217;\u00eatre souvent la seule personne non blanche lors de certains \u00e9v\u00e8nements. Et de fa\u00e7on plus directe, il y a eu cette agression dans un supermarch\u00e9&nbsp;: un homme qui m&#8217;a frapp\u00e9 et m&#8217;a dit de rentrer chez moi parce que la France \u00e9tait trop g\u00e9n\u00e9reuse avec les gens comme moi. Le magasin \u00e9tait rempli et personne n&#8217;a r\u00e9agi.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>Comment avez-vous fait face \u00e0 ce racisme&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. :<\/em><\/strong> Enfant, j&#8217;ai demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re de ne plus retourner en Normandie. Elle m&#8217;a \u00e9cout\u00e9e et a pr\u00e9venu son amie que je n&#8217;avais pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e dans son village.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Plus tard en 2023, \u00e7a faisait 7 ans que La Colombe enrag\u00e9e existait, et on n\u2019avait toujours pas de partenaires fiables. Nous n&#8217;\u00e9tions que tr\u00e8s peu programm\u00e9es, sans soutien, sans subventions. Au d\u00e9part, je trouvais normal de gal\u00e9rer quand on vient de nulle part et qu\u2019on n\u2019a pas fait de grandes \u00e9coles. Mais apr\u00e8s sept ans de travail acharn\u00e9, avoir si peu de r\u00e9sultats, ce n\u2019\u00e9tait pas normal. Surtout que pendant ce temps,&nbsp;on voyait des personnes \u00ab&nbsp; blanches&nbsp;\u00bb et issues d&#8217;une autre classe s&#8217;en sortir bien mieux nous. De mon c\u00f4t\u00e9, m\u00eame en tant que danseuse contemporaine, &nbsp;j&#8217;\u00e9tais prise uniquement dans des projets hip hop, ou par des chor\u00e9graphes racis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">J&#8217;ai compris qu&#8217;on nous attendait seulement dans la case hip hop, et que sortir de ce clich\u00e9 ne leur convenait pas. A partir de ce moment- l\u00e0, j&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9noncer le racisme dans le milieu culturel, \u00e0 en parler publiquement, \u00e0 en parler aux acteur.ices et aux programmateur.rices du milieu. Cela s\u2019est ressenti dans ma fa\u00e7on d&#8217;\u00e9crire des pi\u00e8ces, dans une autre d\u00e9marche d\u00e9sormais. Aujourd\u2019hui&nbsp; je m\u2019adresse en priorit\u00e9 \u00e0 celles et ceux qui sont invisibilis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Le pr\u00e9nom - cr\u00e9ation 2024 - teaser\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/951071129?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"1024\" height=\"768\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>Avec le spectacle \u00ab&nbsp;Le Pr\u00e9nom&nbsp;\u00bb, vous vous servez de votre histoire personnelle pour mettre en sc\u00e8ne un projet. Est-ce la premi\u00e8re fois&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. :<\/em><\/strong> C&#8217;est la deuxi\u00e8me fois, mais disons que cette fois-ci, \u00e7a va plus en profondeur car j&#8217;ai vraiment fouill\u00e9 l&#8217;histoire de mes familles. Et puis comme j&#8217;\u00e9tais seule, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de plonger dans un travail introspectif. J&#8217;ai eu l&#8217;impression d&#8217;avoir men\u00e9 une enqu\u00eate historique intime et commune \u00e0 la fois. C&#8217;est parti de la mort de mes deux grands-m\u00e8res en 2019, l&#8217;une ivoirienne et l&#8217;autre juive d&#8217;Alg\u00e9rie,&nbsp;\u00e7a a \u00e9t\u00e9 un d\u00e9clic. J&#8217;avais envie de mieux comprendre mon histoire, de leur rendre hommage et de laisser des traces sur les r\u00e9cits de migration et de colonisation quand il y en a si peu.&nbsp; Raconter les manques, les trous de m\u00e9moires, la disparition des coutumes, la recherche des racines d\u00e9terr\u00e9es, la nostalgie de quelque chose qu&#8217;on ne conna\u00eet pas.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Il y a aussi &nbsp;\u00ab&nbsp;CAFE\u00cfNE&nbsp;\u00bb, qui parle de vie en quartier populaire. Plusieurs d&#8217;entre nous ont grandi en quartier.&nbsp; On est parti de nos r\u00e9cits, nos ressentis, nos images, nos souvenirs, mais aussi de l&#8217;actualit\u00e9, de nos luttes. Pendant un an, on a \u00e9t\u00e9 en r\u00e9sidence dans le quartier d&#8217;Ivry-port, ma ville natale, avec un groupe de femmes et un groupe d&#8217;ados. On voulait parler de nos histoires et de les m\u00ealer \u00e0 celles et ceux qui vivent encore en quartier et ne sont pas forc\u00e9ment artistes.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Dans CAFE\u00cfNE, il y a un enregistrement, capt\u00e9 par ma m\u00e8re, de mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re qui chante en arabe. Ce moment est un hommage \u00e0 nos grand-m\u00e8res,&nbsp; anc\u00eatres d\u00e9barqu\u00e9es en France, avec la trace de leur langue, que parfois elles n&#8217;ont pas transmis, comme dans mon histoire. \u00c7a \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part de la recherche sur ces questions pour \u00ab&nbsp;Le Pr\u00e9nom&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4277\" width=\"527\" height=\"790\" srcset=\"https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-683x1024.jpg 683w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-200x300.jpg 200w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-768x1152.jpg 768w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-1366x2048.jpg 1366w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-1170x1754.jpg 1170w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-585x877.jpg 585w, https:\/\/chouftolosa.info\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Maryem-Dogui-2-scaled.jpg 1707w\" sizes=\"(max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><figcaption>Maryem joue le Pr\u00e9nom au milieu des spectateurs\u00a0<br>(photo: Susy Lagrange)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>Quelle est l\u2019origine du projet La Colombe enrag\u00e9e ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. :<\/em><\/strong> Au d\u00e9part, c&#8217;est un groupe de coll\u00e8gues et amies qui ont eu envie de se lancer dans la cr\u00e9ation en sortant de formation au centre chor\u00e9graphique James Carl\u00e8s fin 2016. On a commenc\u00e9&nbsp;\u00e0 exp\u00e9rimenter, \u00e0 tester, la cr\u00e9ation est venue naturellement. Je suis devenue la chor\u00e9graphe et la directrice artistique. On n&#8217;avait pas de contacts et d&#8217;argent, du coup on s&#8217;entra\u00eenait o\u00f9 on pouvait, et au fur et \u00e0 mesure, on a politis\u00e9 le fait de travailler dans l&#8217;espace public. Prendre la place avec la danse en tant que femmes, personnes sexis\u00e9es (qui ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es au machisme) et aussi personnes issues de quartiers populaires et\/ou racis\u00e9es. S&#8217;adresser \u00e0 un public qui n&#8217;est pas dans les th\u00e9\u00e2tres comme nous, parler de sujets qui nous concernent et concernent les espaces qu&#8217;on occupe. On r\u00e9fl\u00e9chit ces questions en permanence, ce n\u2019est pas seulement une \u00e9quipe artistique.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>Comment \u00e7a fonctionne ? Quel est votre champ d\u2019action ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. :<\/em><\/strong> On a plusieurs projets. D&#8217;abord des spectacles avec de la danse et des paroles, CAFE\u00cfNE et Le Pr\u00e9nom, qui tournent l\u00e0 o\u00f9 on nous invite&nbsp;: festivals, association, centre culturels, etc. Ensuite des projets de territoires, en g\u00e9n\u00e9ral dans les quartiers populaires, notamment depuis 2 ans \u00e0 La Faourette.&nbsp; On y construit autour des envies des personnes du quartier rencontr\u00e9es, avec comme biais le rap et la danse. Notre projet \u00e0 La Faourette a abouti \u00e0 la construction d&#8217;un collectif artistique interg\u00e9n\u00e9rationnel, avec un spectacle (&#8220;Nos Faourettes&#8221;) qui a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 plusieurs fois en 2024 et 2025.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Depuis 5 ans, on travaille aussi en collaboration avec l&#8217;h\u00f4pital psychiatrique de jour Louise Bourgeois.&nbsp;Apr\u00e8s avoir donn\u00e9 des ateliers, nous avons mont\u00e9 un projet de cr\u00e9ation m\u00ealant patient.es, soignant.es et danseuses \u00e0 La Chapelle des Carm\u00e9lites. Il y a eu une tourn\u00e9e.&nbsp; Cette ann\u00e9e nous avons&nbsp; fait une r\u00e9sidence au sein de tout l&#8217;h\u00f4pital, avec des ateliers spontan\u00e9s, des r\u00e9p\u00e9titions publiques, des mises en mouvements collectif et une cr\u00e9ation finale inspir\u00e9e des rencontres de la semaine. Nous donnons aussi des ateliers de danse et de rap dans diff\u00e9rents endroits culturels et associatifs.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Le but est de partager l&#8217;art dans n&#8217;importe quel endroit et donner des espaces de valorisation et de rencontre&nbsp;; surtout aux personnes marginalis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>CT : <\/em>Quels ont \u00e9t\u00e9 les premiers retours sur la repr\u00e9sentation du spectacle &#8220;Le pr\u00e9nom&#8221; ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>M.D. :<\/em><\/strong> Je re\u00e7ois beaucoup de retours d&#8217;enfants d&#8217;immigr\u00e9s qui se reconnaissent dans les manques, &#8220;le cul entre deux chaises&#8221; mais aussi sur la question du racisme. J&#8217;ai \u00e9galement des retours de la g\u00e9n\u00e9ration&nbsp;qui est arriv\u00e9e en France et qui est tr\u00e8s \u00e9mue d&#8217;entendre l&#8217;importance que leur histoire \u00e0 pour nous, la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019en dessous. Je sens dans les retours qu&#8217;il y a aussi l&#8217;importance de la repr\u00e9sentation car on est tr\u00e8s peu \u00e0 \u00eatre programm\u00e9. Il y a aussi des personnes blanches touch\u00e9es sur les questions de transmissions, de liens familiaux&#8230; Des personnes font le retour aussi sur la notion de &#8220;je ne vois pas les couleurs&#8221;, certains sont vex\u00e9s, d&#8217;autres disent qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas r\u00e9alis\u00e9 que l&#8217;universalisme pouvait gommer les personnes non blanches&#8230; Les retours en g\u00e9n\u00e9ral sont pleins d&#8217;\u00e9motions! C&#8217;est touchant que \u00e7a parvienne \u00e0 marquer autant les gens.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default has-medium-font-size\" style=\"font-style:normal;font-weight:600\"><p><strong><em>La team colombe enrag\u00e9e<\/em><\/strong><\/p><p><\/p><p>Porteuse de projet de La Colombe enrag\u00e9e, Maryem Dogui \u00e9crit les projets, choisit les \u00e9quipes, et chor\u00e9graphie. Elle peut aussi compter sur Louv, la charg\u00e9e de production et de diffusion,&nbsp;pour faire un peu de diffusion et de production. Melio Thomas et Opal Besseas sont \u00e0 la r\u00e9gie son. L\u00e9on Lia, est rappeuse dans les projets de m\u00e9diation et dans CAFE\u00cfNE. Et enfin Marthe Mosser, Noah Fiossi, Fanny Del\u00e9pine, Melissa Wyns sont danseuses et collaboratrices dans les projets de cr\u00e9ation, spectacles, cours de danse et m\u00e9diation.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/lacolombeenragee.wixsite.com\/site\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En pleine tourn\u00e9e de rentr\u00e9e de son spectacle \u00ab&nbsp;le Pr\u00e9nom&nbsp;\u00bb, la danseuse et chor\u00e9graphe&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":30,"featured_media":4277,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[38,7,8],"tags":[],"coauthors":[72],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4273"}],"collection":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4273"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4273\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4290,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4273\/revisions\/4290"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4277"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4273"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4273"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4273"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/chouftolosa.info\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=4273"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}