Quatre jeunes des quartiers toulousains sont tombés sous les balles depuis le début de l’année. Ces tragédies liées au trafic interrogent à la fois sur leur haut niveau d’acceptation sociale et sur les responsabilités politiques.

Une nouvelle tragédie est venue endeuiller nos quartiers . Mi septembre à Bellefontaine, un jeune homme a perdu la vie, victime d’une fusillade de plus, une de trop, comme l’était déjà la toute première, aussi loin qu’on puisse remonter…
Cette tragédie succède à une série d’autres particulièrement intenses durant cet été, et régulières depuis des mois, des années.
Quelle préoccupation et quelle attention pour les habitants de ces quartiers qui subissent ces drames et vivent la peur au ventre (lien vers l’article de Leïla) pour eux-mêmes et leurs familles ? Quelle réponse d’urgence pour protéger les habitants ? Les enfants ? Pour les écouter au moins ? Va-t-on tourner la page comme celle de la rubrique des faits divers ? Va-t-on passer à la séquence suivante sans s’arrêter ? Comme si c’était normal qu’un jeune tombe une fois par saison, une fois par mois, au milieu de tous les autres blessés ?
En résumé, cette tragédie pose deux niveaux de questions qui concernent toute la société : Les vies de tous les citoyens de ce pays se valent-elles ? Et qui partage la responsabilité dans l’évolution catastrophique de la situation de ces violences, du trafic et de ses conséquences ?
À l’heure où nous venons de manifester ( dimanche 20 septembre) contre la loi “Permis de tuer” accordée aux policiers et gendarmes, avec, ces dernières années, des dizaines de morts liées à des interventions policières sur des personnes non armées et ne représentant pas de menace, nous ré-affirmons que les quartiers ne sont pas des territoires de non-droit. Et que les habitant·es qui y vivent ne sont pas des sous-citoyens. C’est une question de société, une question politique et citoyenne. Une question d’humanité.
Les soirées toulousaines du centre ville, comme dans toutes les villes de France et d’Europe, battent leurs plein chaque weekend et sont largement injectées de cocaïne et de toutes sortes de substances illicites dites “récréatives”. La moitié de la population a déjà consommé du cannabis, et une part non négligeable en consomme quotidiennement. Ces consommations traversent toutes les classes sociales. Il s’agit d’une réalité sociale massive qui nous interdit de continuer à traiter ces affaires de meurtres, souvent liées au trafic, comme des “faits divers” ou des “histoires de quartier”.
La vie (et la mort), ce n’est pas un film, ni un clip de rap. La réalité des quartiers populaires c’est une concentration de problématiques, de précarités et de désavantages pour la grande majorité des habitants. Et dans tout cela, une poignée de personnes qui s’engraissent sur cette misère et ces jeunes sacrifiés. Souvent des gens qui sont bien loin des réalités sociales du quartier.
Aux victimes directes et indirectes, nous apportons tout notre soutien et disons qu’il faut nous rassembler, nous organiser. Il n’y a pas de fatalité, nous pouvons changer les choses à notre niveau, à condition de nous tenir ensemble.
À toute la ville et à l’ensemble de la société, nous disons : si vous choisissez de détourner le regard et de mépriser ou minimiser les victimes de ces tragédies, alors vous êtes complices de ce système et avez du sang sur les mains.
Aux décideurs, enfin, nous disons : vous connaissez très bien la situation et l’échec de vos politiques depuis des décennies. Nous ne vous laisserons pas éternellement faire diversion et continuer à faire de ces drames un fonds de commerce politicien.
Sur ce sujet, à relire sur Chouf Tolosa
