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Comme un besoin urgent de médecins 

by Leïla Larabi

« Le meilleur moyen de soulager l’hôpital, c’est de ne pas tomber malade », c’est ce qu’avait osé dire Jean Castex, alors premier ministre, en octobre 2020 durant la période du Covid. Cinq ans plus tard, c’est toujours vrai : dans le quartier de Bellefontaine, par les temps qui courent, mieux vaut ne pas tomber malade. 

A Toulouse, en novembre 2020 quelques semaines après que le premier ministre Jean Castex avait suggéré aux français·es de “ne pas tomber malade” (photo: ER)

A Toulouse, depuis le mois de novembre, les services d’urgence des hôpitaux de Rangueil et Purpan ne prennent plus les patients sauf urgence vitale. Et ce à cause d’un manque criant de médecins urgentistes et généralistes. Si besoin, les patient·es considéré·es comme relevant d’urgences non vitales sont redirigé·es vers d’autres structures de soins, le plus souvent vers la médecine de garde, en passant par le 15.

Mais quand sait-on s’il s’agit d’une urgence vitale ou pas ? Un mal de ventre ou un mal de tête peuvent cacher quelque chose de plus grave si on n’y fait pas attention. 

Et cette situation est aggravée par la fermeture de cabinets médicaux. Dans le quartier de Bellefontaine, deux médecins ont récemment fermé leur cabinet pour départ à la retraite. L’un a cessé son activité au mois de mars tandis que l’autre est resté jusqu’à fin juin pour permettre aux patients de trouver un autre médecin 

Mais aucun·e autre médecin n’a voulu reprendre leur patientèle, pourtant nombreuse. Ces deux médecins recevaient sans prise de rendez-vous, tous les jours de la semaine jusqu’au samedi matin. Une offre de soins cruciale pour le quartier.  Maintenant qu’ils ne sont plus là, les gens doivent se débrouiller, patienter dans les cabinets bondés. Il reste un cabinet pas loin du métro de Bellefontaine qui comprend  3 médecins dont une qui prend sur rdv. 

On pouvait penser que la maison de santé de la Reynerie, mise en place en septembre 2025, allait arranger les choses à l’échelle du quartier mais cela a été vite pris d’assaut. Et, moins de 5 mois plus tard, des mamans du quartier racontent comment elles ont parfois été obligées de soigner leurs enfants par leurs propres moyens.

Bref, les déserts médicaux, ce n’est pas que dans les campagnes. Et comme disait Castex, ne tombez pas malades à Toulouse, surtout dans les quartiers populaires… 

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