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Mise en danger par l’Etat, la Case de santé entre en lutte pour sa survie

by Sabrina Sauzet Sellami

Implantée au cœur du quartier Arnaud Bernard depuis presque 20 ans, la Case de Santé entend pallier les inégalités sanitaires en proposant un accès facilité aux soins aux populations socialement fragilisées. Mais suite à des coupes budgétaires drastiques, cette structure reconnue et indispensable à Toulouse est aujourd’hui menacée de fermeture.

Lors de la réunion de soutien qui s’est tenue dans les locaux de la Case de santé, jeudi 5 février (photo: Sabrina Sauzet Sellami)

Créée durant l’été 2006, la Case de Santé de Toulouse accompagne quelques 2000 patient.e.s par an. Médiation en santé, médecine générale, maternité, psychologie, elle prodigue au quotidien des soins à un public socialement et économiquement fragilisé.

Installée au coeur du quartier d’Arnaud Bernard, la structure fonctionne sur le modèle des centres de santé communautaire qui considèrent que la santé dépend également du social et du politique et qu’il est nécessaire que les concerné.es puissent agir sur leurs conditions et leurs problématiques d’existence, au-delà de la question purement sanitaire.

Les centres de santé communautaire sont généralement implantés dans des quartiers populaires ou en zone rurale, là où les inégalités sociales et sanitaires sont les plus marquées. La Case de Santé de Toulouse a fait des émules en France : aujourd’hui, on compte 26 structures équivalentes à travers l’hexagone. Malgré les éloges nombreux et les résultats convaincants que connaissent ces établissements, le gouvernement a annoncé il y a quelques jours la suppression inattendue d’un financement dédié à ces structures, le SECpa, qui permettait leur existence. Si le gouvernement ne revient pas sur sa décision, la Case de Santé toulousaine et les autres établissements de ce type pourraient être contraints de fermer leurs portes dès la fin du mois d’avril.

Depuis cette annonce, tombée comme un couperet, le Réseau des centres de santé communautaire, dont la Case de Santé est partie prenante, prépare la lutte à venir. L’objectif est le maintien total des financements promis, ainsi que la pérennisation de ce modèle de structure de santé, trop souvent mis en danger au gré des aléas budgétaires dont les premières victimes sont les patient.es.

Dans un communiqué, le Réseau des centres de santé communautaire avait annoncé une première « Journée morte » hier jeudi 5 février. Comme ses homologues, la Case de Santé toulousaine était donc fermée ce jour-là. Un rassemblement et une conférence de presse s’y sont tenus dans l’après-midi, Chouf Tolosa y a assisté.

Au-delà des coupes budgétaires qui mettent à mal ces structures, cette décision comptable trahit (une fois de plus) une certaine idée que l’État se fait de la santé et de ses citoyen.ne.s. À celles et ceux qui en ont les moyens, les belles cliniques et les médecins de ville non conventionnés, pour les autres… le désert (médical).

Pour suivre et soutenir la lutte de la Case de Santé :

- Communiqués sur le site de la Case 
- Page Facebook de la Case 

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