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Les Izards, un quartier comme les autres

by La rédac Chouf Tolosa

En arrivant à Toulouse, Karima a été mise en garde contre le quartier des Izards. Une mauvaise réputation qui l’a angoissé mais qu’elle a fini par déconstruire. Aujourd’hui, elle y passe la plupart de son temps libre.

Un récit des Izards par Karima *

Des animations sur la place Ahmed Chenane aux trois cocus (photo: Izards attitude)

En 2022, moi et mon mari avons décidé de venir en France pour une installation définitive. On a quitté l´Algérie où on a tout laissé derrière nous. Ce n’était pas facile mais on souhaitait un meilleur avenir pour nos enfants. On a choisi la région de Toulouse parce qu’il y avait ma famille. Je suis venue directement m’installer dans le quartier des Minimes. C’est un quartier calme où je me suis sentie vraiment bien.

Mon fils dépendait du lycée Urbain Vitry situé aux Izards. Aussitôt, pas mal de personnes m’ont assuré que nous aurions des problèmes dans ce quartier. J’étais très angoissée par tout ce que j’entendais sur les Izards : le trafic de drogue, les agressions, les mauvaises fréquentations… Tous les jours, j’attendais un coup de fil pour m’annoncer une mauvaise nouvelle.

Mais mes filles avaient besoin de soutien scolaire et quand j’ai demandé à une parente, elle m’a conseillé une association… aux Izards. J’ai dit : « Mais, il y a que les Izards à Toulouse ? » En réalité, comme je suis au nord de Toulouse, naturellement, tout le monde me parlait d’Izards attitude. Pas le choix, j’ai donc fini par surmonter ma peur et j’ai commencé à fréquenter cette association que je ne quitte plus aujourd’hui ! 

Bien sûr, des fois, il m’est arrivé d’assister à des scènes violentes dans le quartier. Par exemple, un jour, en sortant du métro Trois cocus, moi et ma fille avons vu deux jeunes en train de se battre avec une batte de base-ball. Et l’un d’eux était en très mauvais état…

C’est le genre d’histoires qu’on peut voir ou entendre ici. Mais avec le temps, j’ai compris que partout, il y a le bon et le mauvais. Et qu’en fin de compte, les Izards est un quartier comme un autre. Mon fils a eu un bon parcours de deux ans dans son lycée, sans aucun problème. 

Aujourd’hui c’est dans ce quartier je passe la plupart de mon temps avec mes enfants, pour les fêtes de quartiers, Noël, avec des ateliers, des activités, etc. La mauvaise réputation des Izards n’a pas résisté à la réalité que j’y ai rencontré et j’ai fini par aimer ce quartier.

* Récits des Izards

Fin avril 2026, les Ateliers de Chouf Tolosa ont animé un atelier d'écriture pour l'association Izards attitude. Il s'agissait d'accompagner des habitant·es dans l'écriture d'un texte personnel. Seule contrainte, il fallait un lien, même ténu, avec le quartier. Ni thématique, ni format imposé, ni taille requise, aucune exigence de style ou de « niveau ». 

Le résultat de cet atelier est bavard : tous les textes racontent à leur façon, avec des mots d'enfants, de femmes, de mères, l'importance du tissu associatif dans un quartier. Ils disent qu'un centre social, une association et des animateurs·trices ayant l'éducation populaire à cœur sont les premiers outils et les meilleur·es allié·es pour découvrir, rencontrer et s'ouvrir des chemins d'émancipation. 

Chouf Tolosa vous donne à lire ces micro-récits qui disent aussi la vie, la joie et la solidarité des quartiers, plus forts que leur mauvaise réputation. 
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