Lorsque Djida a débarqué à Toulouse, la ville lui était totalement inconnue. Sa rencontre avec les structures associatives des quartiers nord lui a permis de s’y socialiser et d’y trouver sa place.
Un récit des Izards par Djida *

En septembre 2023, toute ma vie a été chamboulée. Elle était auparavant bien rangée : quatre enfants, un mari, une famille avec des frères et sœurs, ainsi que mes parents avec qui j’ai toujours vécu. Et puis un jour j’ai atterri à Toulouse en provenance de Nancy (Grand Est), avec comme seul bagage une valise, sans domicile, logée chez ma fille qui était désormais ma seule famille sur place.
Perdue, sans savoir où j’étais ni où j’allais, ma seule question était : « Que vais-je devenir ? » Lancée dans un divorce sans l’avoir voulu, face à moi-même et surtout seule dans une région que je ne connaissais pas, loin des miens, je cherchais pour la première fois de ma vie des réponses à mes questions.
Un jour pas comme les autres, aux Trois Cocus, dans les quartiers nord de Toulouse, j’ai osé pousser la porte du centre social des Izards-Borderouge, ainsi que celle de la CAF. Des annonces étaient affichées : « Recherche bénévoles » pour du soutien scolaire avec l’association Izards Attitude et les Petits Frères des Pauvres.
J’avais du temps, il fallait que je me sente utile, que je fasse des rencontres, alors je les ai appelés. David, qui était à cette période responsable du secteur, m’a reçu et l’aventure de l’aide aux devoirs a commencé pour moi.
* Récits des Izards
Fin avril 2026, les Ateliers de Chouf Tolosa ont animé un atelier d'écriture pour l'association Izards attitude. Il s'agissait d'accompagner des habitant·es dans l'écriture d'un texte personnel. Seule contrainte, il fallait un lien, même ténu, avec le quartier. Ni thématique, ni format imposé, ni taille requise, aucune exigence de style ou de « niveau ».
Le résultat de cet atelier est bavard : tous les textes racontent à leur façon, avec des mots d'enfants, de femmes, de mères, l'importance du tissu associatif dans un quartier. Ils disent qu'un centre social, une association et des animateurs·trices ayant l'éducation populaire à cœur sont les premiers outils et les meilleur·es allié·es pour découvrir, rencontrer et s'ouvrir des chemins d'émancipation.
Chouf Tolosa vous donne à lire ces micro-récits qui disent aussi la vie, la joie et la solidarité des quartiers, plus forts que leur mauvaise réputation.
Par la suite, un concours de cuisine se préparait avec le dispositif Vers un Réseau d’Achat en Commun (VRAC). Ma passion pour la cuisine a pris le dessus et je me suis lancée avec courage. Challenge réussi : une équipe réunissant des femmes du quartier s’est formée et une très belle aventure est née. Des liens se sont tissés, et nous avons gagné le premier prix du dessert avec un tiramisu aux fruits rouges.
Le centre social est vite devenu pour moi le premier lieu où je me sentais bien à Toulouse, où j’oubliais mes problèmes, où je me sentais écoutée. Une équipe formidable, toujours présente et humaine, me donnait envie de croire en moi. Je me sentais exister, je ne me sentais plus seule.
La Cantine a ensuite commencé ses repas au centre social. Je participais donc en tant que bénévole aux différents ateliers du centre social, de l’association Izards Attitude et de La Cantine. Je ne peux pas citer toutes les activités auxquelles j’ai participé tant il y en a eu, mais j’espère qu’il y en aura encore beaucoup.
Aujourd’hui, une chose est sûre : malgré mes blessures et tout ce que j’ai traversé, j’ai trouvé sur mon chemin, au cœur du quartier des Izards, des associations constituées de personnes formidables qui honorent leur place et leur rôle, et qui représentent pour moi une véritable famille de cœur.
