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Crabes, moustiques et ronflements

by La rédac Chouf Tolosa

Rania a fait une randonnée collective sur la côte méditerranéenne. Sous le soleil, à travers les moustiques et avec sa maman, elle a marché près de 15 kilomètres. Une aventure racontée avec précision.

Un récit des Izards par Rania BGH, 8 ans *

“A Port-la-Nouvelle, j’ai vu la mer et la forêt” (photo: Izards attitude)

Ma maman s’est réveillée à 5h du matin pour préparer à manger. Moi, je me suis levée à 6h. Je me suis préparée, j’ai lavé mon visage et j’ai mis mes vêtements. Ensuite, on est partie avec Nassima et sa fille. On a pris le bus, puis le métro pour aller à la gare Matabiau.

On a attendu les autres : Alaa, Zakaria et Nahil avec leur maman, et Fazia. Tout le monde était assis, on attendait le train. Quand il est arrivé à quai, on s’est levés, on a pris les escalators et on s’est installés.

Dans le train, je changeais tout le temps de place parce que j’ai peur de me retrouver seule. J’allais à côté de Damia, puis d’Alaa… Ma maman m’a dit de m’asseoir à une table pour jouer. J’y ai rencontré une fille qui s’appelait Lia. Elle était très gentille. Elle est descendue à Narbonne, mais avant ça, on a joué ensemble avec son petit frère.

On est arrivés à notre destination : Port-la-Nouvelle. On a commencé à marcher. Les mamans voulaient aller au marché et les enfants plutôt à la plage mais on est allés au marché finalement, et on y a acheté des bananes et des oranges. Les mamans sont aussi allées à Carrefour et les enfants sont restés avec NassimaA

Ensuite, on a pris le chemin vers la plage. Il faisait très chaud et le chemin était long. Je n’arrivais pas à porter mon sac, Fazia m’a aidée. Ma maman m’a obligé à boire de l’eau, elle avait raison. On s’est un peu perdus. Mais on a regardé sur la carte, demandé à quelqu’un en voiture si on était sur la bonne route et après une heure de marche sous le soleil, on est enfin arrivés !

L’un de ces fameux crabes attrapés à pleine main… (photo: Izards attitude)

On a mangé notre pique-nique, puis on est descendus à la plage. Moi, je n’ai pas nagé parce que j’avais peur des poissons et des crabes… et j’avais raison ! Ma maman en a trouvé plein, et Nahil en a même pris un dans sa main. J’étais impressionnée.

Après la plage, on est parti en randonnée dans une réserve naturelle pour aller au refuge où on allait dormir. Le chemin était très long. Il y avait beaucoup de moustiques, même le produit ne marchait pas ! On faisait souvent des pauses, on avait l’impression que le chemin ne finissait jamais. Ma maman était tout au fond, loin derrière. En trois heures de marche, on a parcouru presque 12 km.

Dans le refuge, il y avait des chauves-souris, mais c’était quand même très joli et les propriétaires étaient vraiment gentils. On a pris une douche, on a mangé, puis on est rentrés parce qu’il y avait trop de moustiques. On a discuté un peu et tout le monde est allé dormir : on était épuisés. Pendant la nuit… tout le monde a ronflé ! On aurait dit une immense chorale de ronflements dans le refuge !

Le repas des marcheurs·ses (photo: Izards attitude)

Le lendemain, on s’est réveillés à 8h. On a pris le petit-déjeuner. Un monsieur a accepté de nous déposer avec une partie des affaires à mi-chemin. Je suis restée avec ma maman qui avait mal au pied et avec Alaa qui était malade, parce que je suis la plus petite. On a attendu les autres en faisant des vidéos. Après une heure, ils sont arrivés. On a continué jusqu’au port, puis on a mangé le pique-nique que le monsieur nous avait préparé. On a aussi fait de la lecture. Enfin, on est retournés à la gare, on a pris le train… et on est rentrés à Toulouse.

C’était ma deuxième randonnée, et elle était très différente de celle que j’avais faite à Paris avec mon papa. Là-bas, c’était plutôt une randonnée dans la ville, on avait pris le métro et le bus, et ce n’était pas du tout la nature. C’était surtout une découverte des monuments historiques de la capitale de la France.

A Port-La-Nouvelle, c’était très différent, j’ai vu la mer et la forêt. Par rapport à Paris, il y avait moins de voitures mais plus de crabes. C’était une grande aventure !

* Récits des Izards

Fin avril 2026, les Ateliers de Chouf Tolosa ont animé un atelier d'écriture pour l'association Izards attitude. Il s'agissait d'accompagner des habitant·es dans l'écriture d'un texte personnel. Seule contrainte, il fallait un lien, même ténu, avec le quartier. Ni thématique, ni format imposé, ni taille requise, aucune exigence de style ou de « niveau ». 

Le résultat de cet atelier est bavard : tous les textes racontent à leur façon, avec des mots d'enfants, de femmes, de mères, l'importance du tissu associatif dans un quartier. Ils disent qu'un centre social, une association et des animateurs·trices ayant l'éducation populaire à cœur sont les premiers outils et les meilleur·es allié·es pour découvrir, rencontrer et s'ouvrir des chemins d'émancipation. 

Chouf Tolosa vous donne à lire ces micro-récits qui disent aussi la vie, la joie et la solidarité des quartiers, plus forts que leur mauvaise réputation. 
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