Damia n’avait vu des chevaux que de loin, en passant, par la vitre de la voiture. Et puis un jour, elle a pu s’en approcher, monter dessus, leur donner à manger. Une rencontre marquante.
Un récit des Izards par Damia *

Il y a trois ans, j’avais 8 ans et j’ai pu faire de l’équitation pour la première fois, grâce à l’association Izards attitude.
J’avais déjà vu des chevaux dans ma vie mais de loin, quand je passais en voiture devant des champs, durant des longs trajets. Du coup, je les avais vu vite fait. Là, on est allé au nord de Toulouse, au Bouloc, dans les Ecuries d’Ulysse et cette fois, je les ai touché, je suis même montée sur leur dos. Et j’ai trop aimé…
Moi qui aime beaucoup les animaux, j’ai quand même eu un peu la trouille, au début. Mais cette peur est vite partie parce qu’une fois que tu es dessus, il n’y a plus rien à craindre. Il y avait aussi un chien, je crois que c’étais un berger allemand, mais de toute façon, j’ai pas peur des chiens.
En tout, il y avait cinq chevaux pour notre groupe. Le mien était marron, avec une jolie crinière toute lisse. Comme c’était le plus grand, les autres enfants avaient peur et personne ne voulait le prendre. Les autres étaient déjà au collège et moi je n’avais que 8 ans mais pourtant c’est moi qui l’ai pris : ça ne me gênait pas qu’il soit grand et puis surtout ça me faisait de la peine que personne ne le veuille.
* Récits des Izards
Fin avril 2026, les Ateliers de Chouf Tolosa ont animé un atelier d'écriture pour l'association Izards attitude. Il s'agissait d'accompagner des habitant·es dans l'écriture d'un texte personnel. Seule contrainte, il fallait un lien, même ténu, avec le quartier. Ni thématique, ni format imposé, ni taille requise, aucune exigence de style ou de « niveau ».
Le résultat de cet atelier est bavard : tous les textes racontent à leur façon, avec des mots d'enfants, de femmes, de mères, l'importance du tissu associatif dans un quartier. Ils disent qu'un centre social, une association et des animateurs·trices ayant l'éducation populaire à cœur sont les premiers outils et les meilleur·es allié·es pour découvrir, rencontrer et s'ouvrir des chemins d'émancipation.
Chouf Tolosa vous donne à lire ces micro-récits qui disent aussi la vie, la joie et la solidarité des quartiers, plus forts que leur mauvaise réputation.
J’avais un casque et le cheval avait trois couches de protections sur son dos: deux tissus et une selle. Je ne sais plus comment il s’appelait mais j’ai aimé cette sentation d’être en hauteur et de bouger sans faire d’effort, ça m’a fait sourire.

En plus, on a fait plein d’autres trucs avec ces chevaux : on les a brossé, on les a baladé, on a fait des jeux de saut et de parcours, je leur ai donné à manger des carottes. Là, pour le coup, j’ai eu un peu peur qu’il me mange la main… Mais j’ai appris ensuite qu’il vaut mieux leur présenter la main côte paume, en posant notre nourriture bien à plat, comme ca ils ne pouvent pas me croquer les doigts. Mais bon, quand il mangeait, ça chatouillait et à la fin, ma main etait remplie de bave…
J’ai aussi pu visiter l’endroit où ils vivent, dans des grandes cages qu’on appelle des box, et j’ai vu les gens qui s’en occupent en les brossant et en rangeant leurs selles. Il y avait aussi des trucs pour le chien, des balles, une niche, etc. Bien évidemment, j’en ai profité pour jouer avec le chien !
On était venus en mini bus. Les adultes nous avaient donné un pique nique, un paquet de chips et une banane. Une fois de retour à Toulouse j’ai raconté tout ça à mes copines, elles m’ont dit que j’avais de la chance. Elles ont raison, c’était la meilleure sortie de ma vie.
