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Mendel (alias Marcel) Langer, un “ouvrier révolutionnaire” dans la résistance toulousaine

by La rédac Chouf Tolosa

Marcel Langer, de son prénom polonais d’origine Mendel, fondateur de la section FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans – Main-d’Oeuvre Immigrée) du Sud-ouest est un héros local de la résistance française. Dans le quartier Saint-Michel, une station du métro toulousain porte aujourd’hui son nom, en face de la prison où il fut torturé puis exécuté par les autorités françaises de Vichy. Nous publions aujourd’hui son portrait, écrit par un élève du collège Clémence Isaure dans le cadre de l’atelier mené par Chouf Tolosa avec cet établissement. Tous les textes des élèves sont à retrouver sur ce lien : « Portraits de France » : des élèves du collège Clémence Isaure s’initient au journalisme.

Photo de Marcel Langer tirée d’un article de l’Humanité (DR)

Mendel Langer, né le 13 mai 1903 en Pologne, est un résistant juif qui s’est battu durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Il a vécu dans la clandestinité pour la liberté. Ses actes et paroles résonnent encore. La mention « Mort pour la France » lui est accordée ainsi que la médaille de la résistance.

Mendel (Marcel) Langer, est né à Szczecin en Pologne dans une famille modeste juive. Son père milite au Bund (parti socialiste juif antisioniste). A cause d’une grande vague d’antisémitisme en Pologne, sa famille émigre en 1920 en Palestine, alors sous mandat britannique. Mendel Langer est embauché comme ajusteur mécanicien au chemin de fer d’Haïfa. Il entre au parti communiste palestinien et quelques années plus tard, la police britannique l’arrête à cause de son activité de communiste. Il quitte la Palestine en 1929 pour s’installer à Paris. En 1931 il quitte la capitale pour l’Ariège puis l’Aveyron et enfin Toulouse. Il y prend contact avec le parti communiste. En juin 1937 [après avoir rejoint les troupes républicaines antifranquistes en Espagne], il épouse l’Espagnole Cecilia Molina.

Langer repasse la frontière française en février 1939, il est interné dans le camp de concentration français d’Argelès-sur-mer puis celui de Gurs au pays basque.

Lorsque la France déclare la guerre à l’Allemagne et mobilise les Français, nombre d’étrangers sont appelés à quitter les camps. Le 7 octobre 1942, la direction [de l’entreprise toulousaine où il travaille comme fraiseur] affiche une liste de personnes convoquées pour partir travailler en Allemagne. Découvrant son nom, Langer plonge dans la clandestinité. Au printemps 1942, il avait rencontré Juan José Linares Diaz, ancien commandant en Espagne, qui, de son côté, était en train de constituer la deuxième Brigade de guérilleros espagnols de la Haute Garonne (rattachée à l’Union National Espagnole, UNE). Ils décident de mutualiser leurs efforts. Les premiers attentats à l’explosif sont commis à Toulouse à partir de l’été 1942. Le 6 février 1943, l’étudiante Catherine Levy, conduite par l’Espagnole Jesus Arias doit amener de Luchon à Toulouse une valise d’explosifs. Langer les attend à la gare Saint Agne. Il prend la valise mais un policier l’interpelle pour contrôler son contenu. Mendel Langer, premier commissaire aux opérations, est arrêté. L’interrogatoire, mené par la 8ème Brigade de police de sûreté de Toulouse est extrêmement violent. Il est emprisonné à la prison Saint-Michel.

Dans une lettre datée du 21 mars1943, Marcel Langer se déclare prêt à affronter son destin : « Je suis préparé à tout. Si je dois mourir maintenant, je me comporterai en ouvrier révolutionnaire dans mes derniers moments ». Devant la section spéciale de la cour d’appel de Toulouse le procureur Lespinasse requiert la peine capitale en ces termes : « Vous êtes juif, étranger et communiste, trois raisons pour moi de réclamer votre tête ». Le 11 mars 1943, Langer est condamné à mort. Il est guillotiné dans la prison Saint Michel le 23 juillet 1943. Le 10 octobre 1943 ses camardes le vengent en exécutant Lespinasse.

Anes

Source : Musée Départemental de la Résistance et de la Déportation

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